Clement Charles

Clement Charles 's thoughts
May 11th, 2011 by Clement Charles

LE JOURNALISME SOCIAL

Dans un monde interactif et connecté, l’utilisation bien pensée de commentaires et d’interactions communautaires contribue à renforcer la démarche journalistique et peut enrichir le contenu. Entre “crowd sourcing” et “panel en temps réel”, le journalisme social débarque.

 

Alors que beaucoup de rédactions et de médias traditionnels restent encore réticents à laisser leur public s’exprimer sur leurs contenus, une démarche nouvelle émerge, et intègre la participation communautaire dans le processus éditorial. A la fois intéressante en terme d’apport de contenu ou d’expertise, cette approche renforce aussi la relation de crédibilité entre publics et professionnels.

 

Cette transformation des consommateurs en contributeurs fait émerger plusieurs grandes catégories de commentaires et de participations actives des visiteurs du média. La plus simple, la plus facile et répandue est bien sûr le “rating” (donner une note) ou plus simplement “j’aime/j’aime pas”. Même naturellement biaisée, la donnée statistique et quantitative reste intéressante.

 

Le niveau suivant est celui de la correction, où l’internaute signale aux médias, une faute de fond ou de forme dans un contenu. Ce niveau amène rapidement à celui de l’expertise, où le contributeur partage son expertise personnelle et souvent professionnelle avec la communauté. En phase avec la complexification du monde et la difficulté croissante des journalistes généralistes à couvrir de manière adéquate des sujets hautement spécialisés, ces apports d’experts peuvent être difficiles à supporter pour l’ego de l’auteur, mais fortement créateur de valeur ajoutée pour l’article et ses lecteurs, et donc pour l’ensemble du média.

 

Une dernière grande catégorie de contributions pertinentes pour le journalisme social reste la possibilité de demander, puis récolter, toute une variété de témoignages, sortant ainsi des carnets d’adresses souvent très fermés des rédactions traditionnelles. Aujourd’hui, le fait de retrouver toujours les mêmes intervenants, scientifiques ou professionnels, chez les mêmes journalistes est au mieux, une vraie fainéantise empêchant tout effort pour aller chercher des témoignages variés, et au pire, une volonté mal dissimulée de donner de la visibilité à son réseau.

 

Pour bénéficier de cette richesse communautaire et pouvoir mettre cet éventail de commentaires à disposition des journalistes, il faut intégrer ces interventions à la démarche journalistique, ceci en explicitant ses attentes, en valorisant les apports enrichissants et en restant honnête comme sincère dans la relation avec les internautes.

 

Le site Rue89 reste un des meilleurs exemples de cette pratique. Outre la possibilité de commenter et partager ses contenus, le site en produit une partie uniquement comme “rampes de lancement” de commentaires, puis crée un ou plusieurs articles compilant et donnant du sens aux contributions les plus intéressantes.

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